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5ème Dimanche Pâques B

Dimanche dernier, nous avions une belle image avec Jésus qui disait qu’il est le Bon Berger. Aujourd’hui aussi c’est une belle image biblique que Jésus reprend pour dire : « Je suis la Vigne ».

Ce qui est bien dans la vigne, c’est que le terrain n’a pas besoin d’être excellent. Il peut être sur un coteau, dans un terrain pierreux ou sablonneux, du moment que la vigne soit orientée vers le soleil. Il n’y a pas besoin non plus de beaucoup de pluie. Cela nous rassure et nous rend humbles parce qu’on peut se dire que notre terre, notre cœur, n’est pas digne d’accueillir la Vigne du Seigneur. Notre cœur a quelques pierres et pourtant c’est bien à nous que Jésus dit qu’il veut demeurer chez nous. Le mot « demeurer » revient 8 fois dans cet évangile, et il est dans les deux sens. Jésus dit : « Demeurez en moi », mais il dit aussi : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure ». Il y a la réciprocité. Là aussi on voit l’humilité de Jésus : Il fait sa demeure en nous si on lui fait de la place. Il frappe à la porte de notre cœur et c’est à nous de lui ouvrir.

L’image de la vigne est belle. C’est peut-être la culture la plus délicate parce que chaque cep de vigne doit être traité, taillé, un par un. Jésus en parle de façon très exigeante parce que le sarment qui porte du fruit, il est taillé, émondé, pour donner encore plus de fruits. C’est-à-dire que nous qui sommes les sarments, on ne doit pas se contenter de donner du fruit une année. Il faut accepter d’être travaillé par le Seigneur, d’être purifié, pour en donner davantage l’année d’après. Ce n’est pas du productivisme, c’est la qualité de notre amour qui s’améliore d’année en année. L’important, c’est d’être relié à la sève qui représente l’amour de Jésus. Le sarment qui pense qu’il peut se débrouiller tout seul, il n’ira pas loin, il va se dessécher parce qu’il n’aura pas de sève.

Le sarment aussi son existence est humble. Il ne vit que pour la grappe de raisin qu’il va porter. Quand on regarde une vigne, on l’admire pour ses alignements, pour son raisin, pour ses belles feuilles surtout aux couleurs de l’automne. Mais on ne regarde pas les sarments. Pourtant, ils ont beaucoup de qualités. Par exemples ils sont droits, comme nous devons l’être aussi.

Jésus dit : « Je suis la Vigne et mon Père est le vigneron ». Et quand Jésus parle des fruits de la vigne, nous pensons aux fruits de l’Esprit que St Paul énumère dans une de ses lettres et qui sont : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la confiance dans les autres, la douceur, la maîtrise de soi ». Voilà tous les fruits qu’il nous est donné de produire. Pas pour nous-mêmes, mais pour le monde et nous savons que ce monde a besoin d’amour, de joie, de paix, de bonté.

Les prêtres, nous avons la chance de connaître plusieurs terroirs, de goûter plusieurs crus au gré de nos déplacements. Chaque lieu où nous sommes envoyés n’a pas la même saveur. Je peux essayer de donner une appréciation du cru de Colomiers : Il a du caractère, par les engagements forts de beaucoup dans la société et dans l’Eglise. Il est fruité par la diversité des origines, des  provenances et des âges. Il est aéré grâce aux avions ! Il vieillit bien dans des fûts de chênes grâce aux chênes du bois de Piquemil ou d’ailleurs. Et il se boit bien dans les repas paroissiaux partagés pleins de fraternité, même si en ce moment nous en sommes beaucoup privés.

Et puis le vin, nous savons que Jésus l’a choisi comme symbole de son sang versé pour la multitude. « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » dit encore Jésus dans une autre chapitre de St Jean. Nous retrouvons ce verbe demeurer. Jésus a voulu demeurer dans notre monde en se faisant homme. Et un homme pauvre, né dans une crèche. Ressuscité, il demeure en nous de façon invisible mais il compte sur nous pour l’accueillir et être signe nous-mêmes de son amour infini, grâce aux fruits que nous porterons.

P. Jean-Christophe Cabanis
Ac 9, 26-31 ; Ps 21 (22), 26b-27, 28-29, 31-32 ; 1 Jn 3, 18-24 ; Jn 15, 1-8
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